15.10.1840 Esch-sur-Sûre - 14.01.1911 Wecker
A. D. est le père de Max Duchscher. Fils de forgeron, A. D. fréquenta l'école primaire à Echternach, puis l'École moyenne et industrielle de 1852 à 1854. En 1854, il commença un apprentissage dans l'atelier de son père avant de faire son tour de France comme apprenti artisan. En 1861 et 1862, il travailla consécutivement comme serrurier et comme mécanicien dans cinq ateliers parisiens. À Paris, il s'instruisit grâce à des conférences et des cours du soir à l'École nationale des arts et métiers du Faubourg Saint-Martin. C'est dans la capitale française qu'il découvrit son amour du théâtre et du travail d'acteur. En 1866, A. D. devint serrurier aux ateliers de la Compagnie des chemins de fer de l'Est à Luxembourg et, après un deuxième séjour d'apprentissage à Paris, il fut nommé surveillant des lignes télégraphiques Luxembourg-Spa en 1868. En 1871, il occupa le même poste au service de la Société des chemins de fer Prince-Guillaume avant de produire en 1873 des appareils électriques à courant de basse tension à Hollerich, et d'ouvrir un site industriel à Wecker, associé entre autres à son frère Pierre et à Caspar Mathias Spoo. En fait, il s'agissait d'une fonderie, dont les ateliers produisaient des éléments de bâtiments et de machines ainsi que des appareils électriques et des tubes acoustiques en fonte. En 1882, une filiale dirigée par Pierre Duchscher sous la supervision de C.M. Spoo fut fondée à Esch/Alzette mais en 1888, A. D. et C.M. Spoo mirent fin à leur collaboration. Seul propriétaire de l'usine de Wecker, A. D. déposa, par la suite, de nombreux brevets d'invention et d'amélioration jusqu'en 1906.
A. D. entama également une carrière politique qui le vit successivement conseiller communal en 1886, échevin en 1888 et bourgmestre de Wecker en 1897. Dans le cadre de ses fonctions officielles, A. D. s'occupa principalement de l'organisation des ordres d'enseignement, tels que l'école primaire, l'école de formation continue et l'école ménagère.
Après la création de l'entreprise à Wecker, A. D. définit les droits et les devoirs des employés dans des statuts, qui prévoyaient les mesures de sécurité et de prévention des accidents, la journée de travail de onze heures ainsi que le paiement des heures supplémentaires. En 1875, il fonda une caisse d'épargne à l'attention de ses ouvriers et, en 1885, il introduisit l'assurance-accident collective. S'y ajoutèrent, dans les années suivantes, l'association de soutien mutuel (1891), l'association des ouvriers de la fonderie de Wecker (1892), devenue, par la suite, la caisse de maladie et de soutien de la fonderie de Wecker (1894) et, finalement, la caisse de pension pour ouvriers qui n'étaient plus en état de travailler (1898). Toutes ces actions pionnières valurent à A. D. d'être nommé par le gouvernement à la Commission supérieure d'encouragement des Sociétés de secours mutuels. Par ailleurs, il fut chargé de rédiger des avis sur différents projets de lois dans le domaine social. En 1900, il devint membre de la Chambre de commerce luxembourgeoise et, en 1910, il représenta le gouvernement luxembourgeois lors de la Conférence internationale contre le chômage involontaire à Paris.
A. D. s'engagea de différentes manières pour améliorer les niveaux intellectuel et professionnel des jeunes ouvriers en proposant des cours de formation continue. En 1892, il introduisit, par exemple, des cours gratuits de dessin, d'écriture, de lecture et de calcul qui furent imposés aux apprentis de Wecker et restèrent ouverts aux jeunes artisans des environs. A. D. fut par ailleurs un précurseur dans le domaine des logements ouvriers. Le personnel de son entreprise lui donna le surnom de "Père", ce qui correspondait à sa vision paternaliste des relations entre l'employeur et ses employés.
Sur le plan littéraire, A. D., qui publia des poèmes dans le journal Echternacher Anzeiger en 1865, se signala comme auteur de théâtre. Ses comédies comme Den Handstra'ich ou De blo'e Mondig ont pour cadre les mondes ouvrier et agricole. A. D. y dresse des tableaux de mœurs ayant pour protagonistes des gens simples. L'intrigue est dominée par des événements inattendus et hasardeux, provoquant une suite de situations menant à une catastrophe qui peut toutefois être évitée au dernier moment. Parmi les autres pièces de théâtre à caractère social d'A. D., on trouve notamment Rekes III, Villa Fina, De Fenstermaates et D'n dawe Jang qui mettent en scène le combat des sans ressources. Dans sa comédie Den Handweerksmaan am Sträit fir d'deglich Brut, représentée pour la première fois en 1865 par le club de gymnastique d'Echternach, A. D. se montre fidèle à ses convictions et défend ses idées d'une régulation de l'apprentissage par des directives et d'une assurance-accident légale. À travers ses personnages, il réclame même la fondation d'un parti ouvrier qui devrait s'engager en faveur de la sécurité des ouvriers. Le drame ouvrier sur fond social Franz Pinell serait, selon son auteur, inspiré de la pièce Die Weber de Gerhart Hauptmann. En fait, il s'agit d'une des premières tentatives de réaliser un drame social et une pièce de théâtre ouvrier au Luxembourg, l'auteur se contentant toutefois de poursuivre des objectifs humanitaires et moralisateurs et, fidèle à son paternalisme, s'interdisant d'analyser le contexte social. De par son idéologie, A. D. fut d'ailleurs opposé à la grève en tant qu'instrument légal de défense des intérêts des ouvriers. Selon Isi Comes, A. D. serait aussi l'auteur de deux pièces inédites, écrites à l'attention du club Eechdernoacher Turnverein et intitulées De Schuurk et De Gääst an der Noatshauf.
Entre 1910 et 1930, les pièces d'A. D. furent rééditées à plusieurs reprises et certaines chansons mises en musique par des compositeurs comme Carl Hermann, Jean-Pierre Schmit, Fernand Mertens et Thomas Müller.
Titre du périodique |
Noms employés |
|---|---|
| Echternacher Anzeiger | Duchscher, André |
| Nom |
|---|
| Union dramatique |
| Verein für Luxemburger Geschichte, Litteratur und Kunst /[auch Verein für vaterländische Litteratur, Geschichte und Kunst] (Hémecht) |
| Wörterbuch der luxemburgischen Mundart (1906) |