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Photo : Jean-Pierre Erpelding


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Jean-Pierre Erpelding

J.P. Erpelding
Berg (Betzdorf) Luxembourg

Pseudonymes : J.P.E.

Jean-Pierre Erpelding est fils d’agriculteur. Après son baccalauréat en 1903 à l’Athénée de Luxembourg, où il est le camarade de classe de Robert Schuman, il fait de 1903 à 1907 des études de philologie classique, d’histoire et de lettres allemandes aux Cours supérieurs à Luxembourg ainsi qu’aux universités de Paris, Munich et Berlin. À partir de 1907, il enseigne l’allemand, l’histoire et le grec au Gymnase de Diekirch. Parmi ses collègues, on compte René Engelmann, Nicolas Ries et Joseph Robert. De 1921 jusqu’à sa retraite, Erpelding est professeur d’allemand à l’Athénée de Luxembourg. Pendant l’occupation, il renonce aux publications et refuse toute collaboration littéraire. En 1943, il est forcé d’enseigner en Rhénanie, à Düren, Düsseldorf et Wittlich. Après la guerre, il enseigne également aux Cours supérieurs jusqu’en 1949.

Jean-Pierre Erpelding est considéré comme un représentant du roman du terroir luxembourgeois. La vie rurale et le monde des agriculteurs servent de coulisses à ses romans. Dans les ouvrages Anna ou Bärnd Bichel, les faits se déroulent sur fond de Première Guerre mondiale, qu’Erpelding considérait comme un moment de bouleversements au sein de la société luxembourgeoise. Dans son roman le plus connu, Anna, il aborde la Première Guerre mondiale du point de vue du Luxembourg. L’histoire se déroule dans la petite ville de Diekirch, au sein d’un cercle restreint d’intellectuels. Peter Burkel, un avocat issu d’une famille de paysans et alter ego de l’auteur, en est le principal personnage. Y sont décrites la position difficile du pays, occupé par les troupes allemandes entre des nations belligérantes – l’Allemagne, la France et la Belgique – ainsi que l’atmosphère oppressante et sombre qui règne, laquelle conduit également au suicide du juge Raumer, alias René Engelmann. En raison de prises de position critiques envers l’Allemagne, les autorités militaires allemandes confisquent le manuscrit en avril 1918 et obligent l’auteur à modifier la fin du roman. Dans une deuxième édition, qui paraît en 1920, l’ouvrage est publié sous le titre Luxemburg und der Weltkrieg vormals Anna dans sa version initiale.

Dans son œuvre la plus ambitieuse, la trilogie de romans Adelheid François, Erpelding aborde de nouveau la question de la position et de l’identité des Luxembourgeois, à l’intersection des cultures allemande et française. Le personnage principal de cette trilogie, Adelheid François, est la petite-fille d’un baron français et de sa femme de chambre luxembourgeoise. Cette dernière est mariée en France au jardinier Peter Tunnes Frantzen, né au Grand-Duché, afin qu’il puisse assumer la paternité du fils illégitime du baron. Frantzen s’installe ensuite, sous le nom d’Antoine François, comme agriculteur dans son village luxembourgeois natal. Il y provoque de graves conflits au sein de la communauté villageoise, et particulièrement avec la prépondérante famille Riedesch. Son fils Raymond, appelé le « duc blanc », donne à sa fille Adelheid le nom de la future grande-duchesse Marie-Adélaïde. Il veille à ce qu’elle soit élevée comme une princesse et à ce qu’elle bénéficie d’une éducation soignée. La trilogie, outre les drames familiaux villageois, porte principalement sur la quête d’identité, la vie émotionnelle et le développement spirituel d’Adelheid François et de ceux qui l’entourent, pendant la période troublée des années 1910 à 1930. Adelheid François est un roman national, psychologique et religieux, qui aborde également des thèmes politiques, sociaux et intellectuels de l’époque.

Près de quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Erpelding publie le roman Peter Brendel. Eine Erzählung aus der großen Zeit, dans lequel il traite des effets de l’occupation nationale-socialiste dans les zones rurales. Le personnage principal est le fermier Peter Brendel, un antihéros qui, au cours de la guerre, passe du statut de solitaire reclus à celui de héros malgré lui. Avec Peter Brendel, Erpelding parvient à offrir un portrait nuancé des personnes et des évènements survenus pendant l’occupation nazie du Luxembourg.

Outre les récits Die Glaubenden et la pièce de théâtre D’Madam Blimchen, Jean-Pierre Erpelding a rédigé des articles consacrés à l’histoire littéraire et linguistique du Luxembourg, comme Wir und unser Dialekt et Das literarische Schaffen unserer Professoren. À l’occasion des centenaires de Michel Rodange et de Michel Lentz, il fait l’éloge des deux poètes devant les élèves de l’Athénée de Luxembourg. Par ailleurs, ses essais Das dramatische Werk Welters. Seine Prosakunst et Nik Welter und seine lyrische Kunst sont publiés dans la brochure commémorative en l’honneur de Nik Welter en 1952. En 1962, il est membre fondateur de la section des arts et des lettres de l’Institut grand-ducal. Erpelding est l’auteur d’articles sur Jacques Kintzelé, Wilhelm Weis ainsi que sur les Journées littéraires de Mondorf dans Arts et lettres.

Enfin, Jean-Pierre Erpelding a également rédigé des articles historiques au sujet du millénaire de la ville de Luxembourg, de l’Athénée de Luxembourg et des festivités organisées dans le cadre de l’indépendance luxembourgeoise dans la commune de Betzdorf. D’autres contributions du même auteur ont paru dans Die Rundschau, Letzeburg, Journal des professeurs, Luxemburger landwirtschaftlicher Genossenschaftskalender, Les Cahiers luxembourgeois, Landwirt, Luxemburger Marienkalender et le Tageblatt.

Cet article est signé Roger Muller et Josiane Weber

Publications

Participations diverses

Collaboration à des périodiques

  • Titre des périodiques
    Arts et lettres. publication de la Section des arts et des lettres de l'Institut grand-ducal
    Noms utilisés
    Jean-Pierre Erpelding
  • Titre des périodiques
    Cahiers luxembourgeois (Les). revue libre des lettres, des sciences et des arts
    Noms utilisés
    Jean-Pierre Erpelding
  • Titre des périodiques
    Füllhorn (Das). Neue illustrierte Monatsschrift
    Noms utilisés
    Jean-Pierre Erpelding
  • Titre des périodiques
    Hémecht (d') - La Patrie. Erausgi vun der Unio'n vun de Letzeburger Freihêtsorganisatio'nen
    Noms utilisés
    Jean-Pierre Erpelding
  • Titre des périodiques
    Journal des professeurs
    Noms utilisés
    Jean-Pierre Erpelding
  • Titre des périodiques
    Landwirth (Der) / Landwirt (Der)
    Noms utilisés
    Jean-Pierre Erpelding
  • Titre des périodiques
    Letzeburg. Blätter für nationales Leben
    Noms utilisés
    Jean-Pierre Erpelding
  • Titre des périodiques
    Luxemburger landwirtschaftlicher Genossenschaftskalender für das Jahr ... (Landwirtschaftlicher Genossenschaftskalender). hrsg. vom Allgemeinen Verband landwirtschaftlicher Lokalvereine des Grossherzogtums Luxemburg
    Noms utilisés
    Jean-Pierre Erpelding
  • Titre des périodiques
    Luxemburger Wort / d'Wort / LW
    Noms utilisés
    J.P.E.
  • Titre des périodiques
    Marienkalender / Luxemburger Marienkalender / Lëtzebuerger Panorama
    Noms utilisés
    J.P.E.
    Jean-Pierre Erpelding
  • Titre des périodiques
    Rundschau (Die). [Kulturbeilage des Luxemburger Wort]
    Noms utilisés
    Jean-Pierre Erpelding
  • Titre des périodiques
    Tageblatt / Escher Tageblatt = Journal d'Esch. Zeitung fir Lëtzebuerg
    Noms utilisés
    Jean-Pierre Erpelding
  • Titre des périodiques
    Zeitung für kleine Leute
    Noms utilisés
    Jean-Pierre Erpelding

Études critiques

Membre

  • Gedelit
  • Institut grand-ducal Section des arts et des lettres
  • Landwûol-Bewegung = Luxemburger Verein für ländliche Wohlfahrts- und Heimatpflege = [Société pour le] Retour à la Terre
Citation:
Roger Muller/Josiane Weber, « Jean-Pierre Erpelding », sous : , mise à jour du 23.03.2021, consulté le .