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Photo : Jean Back


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© Philippe Matsas/CNL

Jean Back

Luxembourg

Jean Back est le père de Michelle Back. Il passe son enfance à Dudelange. Après son baccalauréat au Lycée de garçons à Esch-sur-Alzette, il intègre le ministère de la Famille, puis le ministère de la Culture. De 1989 à fin 2015, il dirige le Centre national de l’audiovisuel à Dudelange.

Jean Back s’intéresse autant à la photographie qu’à la peinture et à la littérature. En 1990, il se signale par l’exposition de photographie Lieux et portraits du bassin minier à Dudelange. Son roman Wollékestol est un hommage à sa ville natale. Sa propre enfance et sa jeunesse lui servent de point de départ pour créer une juxtaposition narrative complexe d’éléments autobiographiques et fictifs. Il reprend la même technique dans la nouvelle Amateur, qui remonte à un travail d’études imposé par Gast Rollinger au Lycée de garçons d’Esch-sur-Alzette en 1971. Le texte, retravaillé et augmenté, a comme toile de fond la contestation étudiante et la grève des étudiants de 1971. En 2010, Amateur est récompensé par le European Prize for Literature et, par la suite, est traduit en tchèque, en hongrois, en bulgare, en macédonien, en albanais, en serbe et en portugais.

L’élément commun des trois nouvelles dans Wéi Dag a Nuecht et des récits plus longs Karamell et Iesel est la quête d’identité de personnages fragilisés, qui vivent ce processus comme une menace et qui risquent de développer des troubles de la personnalité borderline. Tel est le cas, dans Karamell, de Jip Portonegro, fils adoptif d’un mineur de Tétange qui perd le nord quand il essaye vainement de trouver ses origines en Suisse et se voit repoussé par sa sœur, devenue veuve, avec qui il a vécu une liaison amoureuse dès sa jeunesse. Le courtier Till, dans Iesel, se trouve submergé par sa forte disposition à la violence, qui vient ébranler sa vie pourtant réussie et rangée en surface.

Zalto mortale contient trois monologues pour la scène qui gravitent autour de la vie ratée de personnages isolés et un peu loufoques. Le sort d’un épicier suicidaire né sans bras, d’un taxidermiste qui a perdu le sens des réalités et d’un camionneur qui combat la solitude de ses longs périples en emportant un homard dans un bocal font entrevoir des problèmes sociaux tels que le handicap, l’arrivée de réfugiés, l’exploitation au travail ainsi que la radicalisation des jeunes.

Trakl Blues est centré sur le film Die junge Magd, qu’un groupe de jeunes cinéastes amateurs a tourné dans les années 1970 d’après la ballade Die junge Magd de l’auteur autrichien Georg Trakl. Le film a été présenté au Luxembourg et à Salzbourg. Sur deux niveaux qui s’enchevêtrent, Jean Back fait revivre l’historique du film et raconte sa visite de Salzbourg et de la Georg Trakl-Gedenkstätte en 2015, à un moment où des milliers de réfugiés affluent vers l’Europe. Un DVD du film restauré et doté d’une nouvelle musique due à Pierre Back, le fils de l’auteur, accompagne le livre.

Dans le recueil Kreuz und mehr, Jean Back réunit ses souvenirs de voyages dans six pays différents, voyages qui l’ont mené entre autres à Porto et à Berlin, au Portugal, en Albanie, en Macédoine du Nord et en Italie. L’élément constitutif est le mélange d’expériences vécues avec des éléments fictifs, la description de civilisations étrangères et une réappropriation identitaire personnelle. Le conte de Noël pour adultes Liebe Akira quant à lui relate la quête d’identité du fils de boucher Ingo d’Esch-sur-Alzette, qui, suite à un accident du travail, cache son visage sous des pansements. Encouragé par Akira, il s’ouvre au pouvoir guérisseur d’une chamane japonaise.

De Schap beim Wal raconte le vain combat d’un acteur médiocre, installé dans le cadre idyllique d’un hangar délabré à la lisière d’un bois, contre les bulldozers et pelleteuses d’une société de construction qui est sur le point d’y installer une décharge pour déchets de chantier. Il veut se prouver qu’en protégeant son refuge, lui aussi est capable de realiser un exploit extraordinaire. Dans son imagination débordante, il intervient en chargeant un bulldozer de fragments de roche qu’il fait glisser sur les rails de la ligne de TGV Luxembourg-Paris toute proche. Sont insérées dans le texte des photos noir et blanc de Jean Back se concentrant sur le paysage et le hangar.

Depuis 2018, Jean Back est membre de l’Institut grand-ducal, section des arts et des lettres. En 2018, il reçoit, ex aequo avec Gast Groeber, le Prix du Parlement européen pour son récit European cloud. En 2019, il est récompensé par le Prix culturel de la ville de Dudelange et occupe la même année avec Anja Di Bartolomeo la Walfer Autorenresidenz. Jean Back a été membre de la Lëtzebuerger Schrëftstellerverband (LSV) jusqu’à sa dissolution en 2016. Il est membre fondateur et membre du conseil d’administration de l’Associatioun: Lëtzebuerger Literatur (A:LL Schrëftsteller*innen), créée en 2020.

Cet article est signé Germaine Goetzinger

Publications

Traductions

Collaboration à des périodiques

  • Titre des périodiques
    Cahiers luxembourgeois (Les). revue libre des lettres, des sciences et des arts
    Noms utilisés
    Jean Back
  • Titre des périodiques
    Galerie. Revue culturelle et pédagogique
    Noms utilisés
    Jean Back
  • Titre des périodiques
    nos cahiers. Lëtzebuerger Zäitschrëft fir Kultur
    Noms utilisés
    Jean Back

Études critiques

Distinctions

Membre

  • A:LL Schrëftsteller*innen
  • Institut grand-ducal Section des arts et des lettres
  • LSV - Lëtzebuerger Schrëftstellerverband [1986-2016]
Citation:
Germaine Goetzinger, « Jean Back », sous : , mise à jour du 16.04.2021, consulté le .