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Photo : Roland Meyer


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© Philippe Matsas/CNL

Roland Meyer

Luxembourg

Pseudonymes : romey

Roland Meyer fréquente l’école primaire à Lintgen et le Lycée classique de Diekirch. Après avoir abandonné ses études secondaires après la classe de quatrième, il travaille pendant trois ans. Ensuite, il reprend le lycée et passe son baccalauréat avant de fréquenter l’Iserp. En 1990, il devient instituteur successivement à Schieren, à Wilwerwiltz en 1994, et à Consthum. De 1998 à 2008, il est instituteur à l’école centrale de Hosingen. De 2008 à 2018, il dirige l’École de théâtre (Theaterschoul), un projet lancé par le ministère de l’Éducation nationale promouvant le volet pédagogique du théâtre dans les domaines de la danse, du cirque et du théâtre dans les écoles fondamentales. Depuis 2018, il travaille en tant qu’instituteur spécialisé dans la scolarisation des élèves à besoins spécifiques à Bourscheid. En 2016, il obtient un master en sciences sociales, spécialité management scolaire, à l’université technique de Kaiserslautern.

L’activité littéraire de Roland Meyer est au début étroitement liée à sa profession d’instituteur. Ainsi, Spring auf! est le livre officiel du festival de théâtre scolaire du même nom que Meyer gère lui-même. De 1994 à 2008, il dirige également la troupe de théâtre pour enfants Den Holzwuerm-Park Housen, qui représente des pièces de théâtre et de théâtre d’ombres, ainsi que du théâtre de marionnettes et du cirque. En outre, la troupe met en scène des extraits de romans de Meyer et des comédies musicales comme Am Land wou de Peffer wiisst (2002), Bei der Däiwel (2003), Außer Rand a Band (2005) ou encore Draamdänzer (2006). Plus de 40 spectacles, comprenant des pièces de théâtre pour enfants et pour adolescents, sont produits, notamment le musical Fusion que la fédération nationale de musique UGDA avait commandé dans le cadre des festivités autour de la capitale européenne de la culture en 2007. Meyer organise également des ateliers d’écriture pour jeunes. Sous sa direction, six élèves de douze à quinze ans écrivent l’histoire Zwou Laatsche géint ee Puer Schung dans le cadre de l’atelier Kreativt Schreiwen en 2003, alors que six élèves de l’École privée Sainte-Anne sont à l’origine du roman fantasy Das dritte Auge en 2011. Par ailleurs, l’auteur a écrit des pièces radiophoniques pour enfants, telles que De Poufank vun der Kéiermillen et Lauschter! Eng Fantasierees an d’Welt vun de Kläng. Il a réalisé des projets pédagogiques en collaboration avec des artistes comme David Nash, Alan Johnston, Lex Gillen et Nadine Zangarini. Le projet d’écriture Ein Missverständnis kommt selten allein (2016) pour les cycles 3.1 et 4.2 de l’école primaire de Troisvierges a été mis en place dans le cadre de la Journée du livre et du droit d’auteur.

Roland Meyer a écrit plus de 40 pièces de théâtre dans le cadre de son travail d’instituteur dans différentes écoles fondamentales, de pédagogue et de fondateur de l’École de théâtre du ministère de l’Éducation nationale. La plupart d’entre elles s’adressent aux classes des cycles 3 et 4 et combinent théâtre parlé, comédie de quiproquos, danse, comédie musicale, pantomime et cirque. Elles sont généralement composées pour les membres de la troupe de théâtre et de cirque pour enfants Den Holzwuerm. Dien éiwege Sträit zwëschen diene vu Rappdeckel an diene vu Fatzbeidel (1996) traite des préjugés avec en toile de fond médiévale l’histoire de Roméo et Juliette ; les concepts de genre sont au cœur de la comédie musicale de pirates Mam Kapp duerch d’Mauer ou de la pièce Iwwer der Leeder ; populisme et protection de la nature sont les thèmes de la pièce Dem Kinnek säi Bësch, située dans le milieu de la chevalerie ; d’une manière générale, mobbing, amitié et amour sont des thèmes récurrents dans les pièces de Meyer pour la jeunesse (Hey Joe, I ballone luminosi, Mat engem Laachen op de Lëpsen, Love is..., Little Shakespeare, Spring auf!). De surcroît, l’intégration, la migration et l’évasion sont évoquées dans Ooh, Außer Rand und Band, Fusion et Am Land wou de Peffer wiisst. Outre ces thèmes sociopolitiques, l’auteur sensibilise également le jeune public à l’histoire, la politique, la démocratie, la guerre et la monarchie (Imagine, Aristokratie, Eng Foto vum Klëppelkrich, Memory). La santé, l’alimentation et l’environnement sont au centre des préoccupations d’Eng Nuecht am Supermarché, Le Gigot de Richelieu, Rett eis Äerd!, Dem Kinnek säi Gaart ou Kinnek ouni Kroun. Dans les pièces Dem Julia seng Wallis, Chaos an der Bibliothéik, SOS Bowurm, Happy Birthday Mr Grimm, De Schatz aus dem Soeland, Bei der Däiwel, Den Dramdänzer, Little Shakespeare ou De Spillmann, il met en avant la lecture, la littérature, les mythes et légendes ainsi que la fantaisie, tandis qu’il présente au jeune public les nouvelles technologies dans Avibemama, Rett eis Äerd! ou Op der Sich no der verluener Zäit. Le cirque forme la toile de fond de Wat ass lass am Zirkus Bellibimbam et I ballone luminosi. Les pièces sont accessibles sur le site internet holzwuerm.lu.

Roland Meyer écrit des livres pour enfants et adolescents en luxembourgeois et en allemand. Il a notamment publié une trilogie de romans construite autour du héros Philipp : Eng Foto vum (Klëppel) Krich, Dem Kinnek säi Gaart et Iwwer der Leeder. Pour lui, ce sont des romans-théâtre pour enfants. En effet, des pièces de théâtre, des scènes dramatiques et des chansons sont intégrées dans le texte en prose et servent à en expliquer la trame. Sur plusieurs niveaux de narration, des histoires d’aventuriers et de policiers sont agrémentées d’observations sur des problèmes d’actualité comme la pédopornographie, la maltraitance, l’oppression, la violence à l’école ou encore la xénophobie. Dans les romans Den décken dommen Dudu et Mango Panda, Meyer évoque tout comme dans la trilogie une adolescence problématique, tandis que le roman Mission Geheimer Stollen a pour sujet la résistance luxembourgeoise pendant la Seconde Guerre mondiale. Zu Lëtzebuerg ginn et keng Piratekapitänen a pour sujet les expériences et les traumatismes des enfants autour de la mort de leurs parents.

TelMo, son troisième livre de littérature pour adolescents, lui vaut, en 2017, le Lëtzebuerger Buchpräis. L’auteur y décrit le déchirement intérieur d’un jeune adolescent issu de l’immigration portugaise qui, après le divorce de ses parents, cherche à s’orienter entre deux langues et deux cultures et se met en quête d’un équilibre entre haine, violence et agressions d’un côté, amour et reconnaissance de l’autre. L’auteur y aborde aussi les sujets de la violence juvénile et des problèmes de la migration et de l’intégration, mais aussi les malentendus quant à l’éducation des jeunes dans les milieux scolaires et sociaux, la communication avec les adolescents et l’évaluation des relations entre victime et bourreau.

Depuis 2011, Roland Meyer publie des romans pour adultes et fait le diagnostic de la société luxembourgeoise contemporaine. Il relève les contradictions entre les individualistes malades de civilisation et les contraintes d’une société postmoderne basée sur la consommation, la réussite et les apparences. L’accent est principalement mis sur les classes supérieure et moyenne, leur essor et leur crise, alors que les idées de liberté et de changement social semblent rétrospectivement avoir partiellement échoué. Muedebëtzeg [véreux], primé dans la catégorie fiction par le Lëtzebuerger Buchpräis 2012, relate dans une perspective rétrospective des problèmes de mariage et d’infidélité, aboutissant au suicide du protagoniste. L’histoire oscille entre Éros et Thanatos et retrace les déceptions des trajectoires de vie dans la classe moyenne, les crises de vie et l’emprisonnement dans le quotidien. Cette situation est contrebalancée par l’aspiration à des modèles de vie alternatifs. Publié en 2014, Roughmix remporte le prix Servais en 2015. Le roman se déroule dans le sud de la France, en Italie, au Maroc, en Thaïlande, à Bali et au Luxembourg. Ce nouveau roman à points de vue multiples réunit des destins individuels formant une image de la société. En prenant l’exemple des modes de vie de membres d’un groupe de musique depuis les années 1980 jusqu’à nos jours, le roman réfléchit sur les concepts et les valeurs morales dans les contextes du changement social, de la société de consommation et de la politique. Vues de l’extérieur, les biographies des protagonistes ressemblent à des exemples de réussite, mais se situent finalement sur une pente descendante et racontent les dérives, l’hypocrisie de l’individu et l’impasse à laquelle aboutissent les utopies au quotidien. L’œuvre thématise la corruption, la criminalité, la fraude fiscale, l’inceste, la pédophilie et le terrorisme. De nombreuses allusions illustrent également la vie culturelle et littéraire luxembourgeoise. Wenn immer alles so einfach wäre est un roman à narration non linéaire dans lequel des regards croisés évoquent en premier lieu un double triangle amoureux, mais également un double meurtre ainsi que le suicide d’un écrivain. Le livre combine des questions liées au nation branding, à la suite du référendum du 7 juin 2015, avec des questions liées au bouleversement des modes de vie et des relations individuelles. Meyer y dépeint, comme dans ses précédents romans, la crise de la quarantaine de couples mariés pour la plupart en exposant au grand jour la nature illusoire des relations humaines. Le pouvoir, le contrôle, la méfiance qui s’installe dans la vie sexuelle et le quotidien contrastent avec de nouveaux modes de vie dans lesquels la liberté, l’autodétermination et l’affection mutuelle sont célébrées comme de nouvelles valeurs, même si ces concepts ne sont que des intermèdes utopiques dans une société d’intolérance, de violence et de mensonge. Dans ce roman situé entre Berlin et Luxembourg, les thèmes récurrents sont les rapports entre art et bourgeoisie, la recherche du bonheur personnel et l’échec tragique des tentatives d’individuation. Dans Glous, Meyer reprend les thèmes de la violence et de l’exclusion déjà abordés dans TelMo ; il y raconte la marginalisation scolaire d’un enfant issu d’un foyer socioéducatif. Le roman décrit le processus de transition de l’enfance vers l’adolescence, où la puberté ne s’accompagne pas seulement de la découverte de la sexualité, mais aussi d’un changement de comportement social : au cœur de celui-ci, le rejet des parents et une confrontation de plus en plus physique avec les camarades du même âge.

Roland Meyer est responsable de l’animation pour jeunes du groupement d’intérêts Islék ohne Grenzen, pour lequel il organise, entre 2000 et 2010, des rencontres transfrontalières pour des enfants de Belgique, d’Allemagne et du Luxembourg, notamment des manifestations de littérature, de théâtre et de musique. Il est également membre fondateur de l’ensemble de cabaret Sténkdéier, pour lequel il écrit des textes et assure des mises en scène depuis 1988. En collaboration avec Remy Kraus et Tom Kraemer, il a publié les ouvrages Modern Welt, Gutt ze wëssen et Méi ass et net avec une sélection de textes des programmes de cabaret Surveillé par… (1989-90), Perpetuum mobile (1997), Vernetzt (1998), Mythos Fräizäit (1999), Flexibel (2000), Hu mir dat néideg? (2001), Äppel a Biren (2002), Totalen Ausverkaf (2003), Schéi gebiischt (2004) et XXXL - eng Nummer ze grouss (2005), Net mäi Béier! (2006), Gutt ze wëssen (2007), Kreesverkéier (2008), vir bäi an hanne widder (2009), Et geet biergop (2010), Schwaarze Péiter (2011), Eng hallef Millioun Expären (2012) et Héichwaasser (2013). De 2006 à 2017, l’auteur signe de son nom de plume Romey des sketches pour la revue du Lëtzebuerger Theater.

À partir de 2014, Roland Meyer commence des tournées avec les programmes Zikelalarm (I + II), comptes rendus satiriques des efforts de réforme de la politique de l’éducation, du profil professionnel de l’enseignant du primaire entre conception idéalisée de soi et problèmes quotidiens, et de la manière dont les écoles sont traitées par le public. Sont critiqués les lieux communs sur les cibles politiques, tels que le développement personnel et la vision des exigences d’une école dans une société basée sur la productivité. Sont également discutées les idées d’une éducation personnelle et les attentes d’une école préparant à la vie professionnelle. Ainsi, Meyer critique une pédagogie utilitariste qui s’oriente au moyen de prémisses économiques. Il se plaint aussi des problèmes d’orientation scolaire intrinsèque et des conflits entre enseignants, élèves, associations de parents et inspecteurs, tout comme d’un modèle de société qui place l’épanouissement personnel des parents au-dessus de celui de l’enfant. De 2018 à 2019, il présente son programme satirique Food Leaks sur les coutumes culinaires au Luxembourg.

En outre, Roland Meyer se produit avec les groupes de jazz et de blues The Winklepickers et The Horse Blinders, pour lesquels il écrit des textes en luxembourgeois. Il a publié des articles littéraires et historiques dans des livres de lecture ainsi que dans le journal De Cliärrwer Kanton et a participé à la rédaction du manuel d’histoire luxembourgeoise Die Zeitmaschine (2001). Il a été membre de la LSV jusqu’à la dissolution de celle-ci en 2016.

Cet article est signé Claude D. Conter

Publications

Collaboration à des périodiques

  • Titre des périodiques
    Cliärrwer Kanton (De) / DCK
    Noms utilisés
    Roland Meyer

Études critiques

Distinctions

Membre

  • Holzwuerm Park Housen, Den (Kindertheatergruppe)
  • Kabaret Sténkdéier
  • LSV - Lëtzebuerger Schrëftstellerverband [1986-2016]
  • Spring auf! Schultheaterfestival

Archives

Citation:
Claude D. Conter, « Roland Meyer », sous : , mise à jour du 18.02.2021, consulté le .